Publié le 6 avril 2021

NOUS NE DEVONS JAMAIS OUBLIER

Natan Goldman nous raconte …

De gauche à droite : Natan Goldman, Abdallah Chatila, Judith Goldman


Natan Goldman (avec sa femme au début de la vidéo ci-dessous), survivant de l’Holocauste, est résident du foyer protégé Shaked d’Amigour à Kfar Saba. Il est né en 1939 en Belgique d’un couple qui avait immigré de Pologne.
« Mon père a quitté ma mère alors qu’elle était enceinte. J’ai grandi dans le quartier juif de Bruxelles avec ma mère, mes sœurs et mes grands-parents. Lorsque les Allemands ont occupé la Belgique, ils ont annoncé que toutes les familles devaient se rendre au camp de rassemblement et que les femmes avec enfants seraient libérés. Ma mère a décidé d’y aller et de dire qu’elle avait un fils à la maison, pensant qu’elle serait libérée. Je suis resté avec mes grands-parents et après 3 jours, nous avons vu que ma mère ne revenait pas. Mon grand-père a demandé à une voisine qui avait l’âge de ma mère de m’emmener au camp pour que nous puissions montrer aux nazis que ma mère avait un jeune fils dans l’espoir qu’ils la libèrent. Nous avons vu ma mère et nous avons passé quelques heures ensemble. A la fin de la journée, il s’est avéré qu’ils n’avaient pas l’intention de la libérer, ni de nous libérer. Lorsque la voisine a réalisé qu’ils n’avaient pas l’intention de me libérer, je me souviens qu’elle a commencé à crier aux officiers qu’elle voulait juste rendre service à cette femme pour essayer de la faire libérer et que je n’étais pas le fils de la femme mais son fils. J’ai été vraiment choqué lorsque j’ai entendu ma mère dire que je n’étais pas son fils et que j’étais le fils de la voisine. À partir de ce jour, je n’ai plus jamais vu ma mère.
La voisine m’a ramené chez moi et peu de temps après, ma tante a trouvé une cachette dans un couvent, où j’ai caché mon identité juive pendant deux ans. Mes grands-parents ont trouvé une cachette chez un homme qui avait plusieurs appartements à Bruxelles – pendant deux ans et demi, ils ne sont pas sortis dans la rue. Après la guerre, mes grands-parents sont venus me chercher au couvent. »

C’est pour des personnes telles que Natan Goldman que le Keren Hayessod a à cœur d’être un maillon de la perpétuation de la mémoire de la Shoah.

L’une de nos missions en Israël est de soutenir les rescapés dans le besoin comme Natan et Judith. Nos maisons de retraite Amigour leur offrent un logement, des soins et de la dignité.

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