La Nuit de Cristal

Publié le 9 novembre 2021

Histoire et Mémoire • 9 novembre 1938

Par Dominique Goldberg, d’après sa chronique « D’ici et d’ailleurs, une chonique des Juifs dans le monde et du monde juif ». Diffusée sur Radio Judaïca le 9 novembre 2016.

Il y a 83 ans, le 9 novembre 1938, les Juifs d’Allemagne et des territoires autrichiens annexés allaient vivre le cauchemar du pogrom de la « Nuit de Cristal ».


Le terme de « Nuit de Cristal » est censé évoquer le bruit des vitres des magasins appartenant à des propriétaires juifs, qui ont volé en éclats dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938 au cours de laquelle de violentes manifestations anti-juives ont eu lieu sur tout le territoire du Reich allemand. Ce terme, aussi connu soit -il aujourd’hui, ne transmet toujours pas vraiment la gravité des exactions commises cette nuit-là. Parce qu’il fait l’impasse sur les morts, les incendies, les destructions de synagogues, les déportations. La dénomination francophone de cette horrible nuit en minimise la portée. Les publications allemandes utilisent un vocable plus explicite parlant de « Novemberpogrome » (pogrom de novembre).

Le parti nazi, dès les années 1920, a inscrit dans son programme l’extermination des Juifs. Une fois au pouvoir et les mesures discriminatoires envers les Juifs mises en place, les nazis attendaient une occasion de lancer une étape supplémentaire de ce qui deviendra, selon leur terminologie, la « solution finale du problème juif en Europe ».
Et cette occasion surviendra le 7 novembre 1938.
Le Grand Reich comptait alors près d’un million de Juifs : 300 000 à 400 000 vivent en Allemagne proprement dite ; 350 000 dans l’Autriche annexée au printemps précédent ; 100 000 Juifs habitent dans les Sudètes, les régions germanophones de Tchécoslovaquie, incorporées trois semaines plus tôt en vertu des accords de Munich.

L’événement déclencheur survient à Paris quand une jeune juif, Herszel Grynszpan tire sur un secrétaire de l’ambassade allemande à Paris Ernst vom Rath, qui décédera 2 jours plus tard. Herszel Grynszpan a 17 ans, il est né et a grandi en Allemagne, mais il a la nationalité polonaise. Il affirme qu’il a tué pour venger sa famille, qui vient d’être expulsée d’Allemagne et que la Pologne refuse d’accueillir.

L’attentat contre vom Rath est donc le prétexte idéal pour faire la chasse aux Juifs et les contraindre à quitter massivement l’Allemagne. C’est l’occasion de préparer une mise en scène pour montrer aux Allemands qu’ils sont menacés par les Juifs. Le 8 novembre, dans le journal de propagande de Goebbels , L’Observateur du peuple , on lit : « Il est clair que le peuple allemand tirera les conclusions de cette nouvelle action. On ne peut plus tolérer que des centaines de juifs règnent encore à l’intérieur de nos frontières sur des rues entières de magasins, qu’ils peuplent nos lieux de distractions, que des propriétaires étrangers empochent l’argent des locataires allemands tandis que leurs frères de race incitent au-dehors à la guerre contre l’Allemagne et tuent des fonctionnaires allemands ».
De plus, afin de renforcer la gravité de l’acte commis contre un représentant du Grand Reich allemand, Hitler élève vom Rath au rang conseiller d’ambassade. Il n’était de son vivant que troisième secrétaire d’ambassade. Et pour gonfler encore l’importance apparente du mourant, Hitler envoie au chevet de vom Rath son médecin personnel, éminent professeur de Munich.
Parallèlement, dès le 8 novembre, les nazis prennent la précaution de confisquer les armes que les Juifs détiennent chez eux et tout ce qui pourrait être utile à leur défense.
À l’annonce de l’attentat contre vom Rath, la presse allemande développe, sans aucune retenue le thème de la conspiration juive mondiale et menace de sévères représailles.
Lorsque vom Rath décède le 9 novembre, le plan de représailles est en place. Quand la nouvelle parvient à Hitler, il est à Munich, avec la vieille garde des SA, pour commémorer la tentative de putsch de 1923. Et contrairement à ses habitudes, Hitler quitte l’assemblée sans prononcer de discours. Il se contentera de déclarer : « Il faut laisser le champ libre aux SA »
C’est Joseph Goebbels, le ministre de la Propagande, qui se charge non seulement d’annoncer alors publiquement le décès de vom Rath devant l’assemblée des SA et c’est encore Goebbels qui va inciter au pogrom dans une diatribe d’une grande violence. Goebbels décrit ensuite précisément son action, il donne des ordres, motive les indécis. Il est ovationné par les dirigeants du parti. Il est 23 heures quand les principaux chefs nazis, l’esprit chauffé à blanc par Goebbels, vont à leur tour transmettre, par téléphone, leurs instructions à leurs sections régionales.

La « Nuit de Cristal » va commencer, la Gestapo et les SA vont entrer en action.

La mission des SA, c’est incendier les synagogues, détruire les magasins juifs, et d’y accrocher des pancartes où on lit « Mort à la juiverie internationale». La SA reçoit aussi l’ordre de tuer sur place les Juifs trouvés en possession d’une arme.
En même temps, un message secret est diffusé, dès minuit moins cinq, depuis la direction de la Gestapo de Berlin à tous ses services locaux.
La mission de la Gestapo est d’incendier les synagogues, tout en empêchant les pillages et en mettant en lieu sûr les archives trouvées dans les synagogues. La Gestapo a pour instruction de traiter avec une « extrême rigueur » les Juifs trouvés avec des armes. Elle doit aussi préparer l’arrestation de 20 000 à 30 000 Juifs parmi les plus fortunés.
La police ou les pompiers reçoivent l’ordre de « ne pas s’opposer à la colère du peuple ». Ils ne doivent intervenir que pour empêcher le feu de gagner les maisons des alentours.
Goebbels tient un journal personnel dans lequel il écrit : « Les Juifs doivent sentir pour une fois la colère du peuple. »
Selon les directives de Goebbels, la seule réserve aux ordres d’action donnés à la Gestapo et à la SA est qu’elles ne doivent pas apparaître en tant qu’organisations officielles. L’apparence de la « réaction populaire » doit être maintenue. Alors, les SA et les SS s’habillent en civil et ils passent à l’acte dès 1 heure de matin.
L’assaut est lancé du nord au sud de l’Allemagne, ainsi que dans l’Autriche annexée.
Les cibles des violences, ce sont : les synagogues, les maisons communautaires, les asiles de vieillards, les hôpitaux juifs, et encore les maisons d’enfants, les logements privés et les magasins juifs.
Les synagogues sont pillées, saccagées, détruites, incendiées, et comme je l’ai dit, les pompiers n’interviennent pas, ils veillent uniquement à empêcher que les incendies se propagent aux maisons voisines. Les magasins juifs que des groupes de SA attaquent sont facilement reconnaissables puisqu’une ordonnance nazie a précédemment exigé que le nom du propriétaire soit peint en grandes lettres sur la vitrine.

De nombreux témoignages rendent compte de l’horreur et de la violence de cette nuit de pogrom

Ainsi, on peut lire, dans un témoignage qui vient de Leipzig, « après avoir démoli les logements et jetés dans la rue tout ce qui pouvait l’être, les exécutants au sadisme insatiable ont chassé beaucoup de leurs occupants tremblants en un mince flot qui s’écoule à travers le parc zoologique, ordonnant aux spectateurs horrifiés de cracher sur eux, de les couvrir de boue et de se moquer de leur situation lamentable. … Le moindre signe de compassion mettait les persécuteurs en rage, et la foule n’a absolument rien pu faire, sinon détourner son regard épouvanté de ces scènes de sévices ou s’éloigner. Cette tactique a été appliquée toute la matinée du 10 novembre sans que la police intervienne et a été infligée à tous, hommes, femmes et enfants ».
Les territoires autrichiens devenus allemands, ont aussi connu leur « Nuit de Cristal ». Il faut rappeler que les Juifs autrichiens ont été sommés de quitter le pays avant la mi-décembre 1938. L’historien, Saul Friedländer, fait le récit du sort fait aux quelques centaines de Juifs de la province du Tyrol-Vorarlberg qui n’ont pas encore quitté le territoire. Le gauleiter Franz Hofer entend exécuter les ordres de débarrasser le territoire placé sous sa responsabilité de toute présence juive. La nuit du 9 au 10 novembre 1938 va lui en offrir l’occasion.
L’historien écrit : « Hofer revint précipitamment du dîner des Alte Kämpfer vieille garde de Munich et donna le ton : « En réaction au lâche assassinat de notre conseiller vom Rath commis par les juifs à Paris, au Tyrol aussi l’âme exaspérée du peuple doit se dresser cette nuit contre les juifs ». Le message de Heydrich avait mis en alerte. … A Innsbruck les hommes se rassemblèrent en vêtements civils vers 2h30 du matin …. En quelques minutes un commando spécial SS prit la direction des 4-5, Gänsbacherstrasse, où vivaient encore plusieurs familles juives influentes de la ville ». Entretemps, le chef régional des SS donne l’ordre de « tuer discrètement les juifs de la Gänsbacherstrasse ».
Officiellement, il ne s’agit pas d’une action organisée par l’Etat ; Hitler et Goebbels n’ont fait aucun discours public. Le régime nazi, je le répète, veut faire croire à une explosion de colère populaire contre les Juifs. Mais la teneur des messages des chefs de SA et de celui de la Gestapo montre l’existence d’un véritable plan d’ensemble dont l’instigateur est Hitler lui-même
Dans son journal, Goebbels relate la journée du 8 novembre et l’attaque contre vom Rathde la façon suivante : « A Paris, un Juif polonais du nom de Grynzspan a tiré dans l’ambassade sur un diplomate allemand Vom Rath, le blessant grièvement. Il voulait venger les Juifs. La presse allemande jette maintenant des hauts cris. Nous allons mettre les points sur les i… En Hesse, grandes manifestations antisémites. On brûle des synagogues. Si seulement on pouvait déchaîner la colère du peuple ».

Quelle a été l’ampleur des violences de la « Nuit de Cristal » à travers l’Allemagne nazie et les territoires annexés ?

En Allemagne, le bilan pour la population juive de cette nuit d’émeutes programmées par le pouvoir nazi donne les chiffres suivants :
Plus de 100 morts et suicidés,
Parmi les milliers de personnes arrêtées, entre 2000 et 2500 personnes ont été assassinées dans les camps de concentration vers lesquels elles ont été expédiées.
267 synagogues et lieux de culte détruits,
7 500 magasins détruits,
250 logements détruits.
En Autriche, le pogrom détruit 42 synagogues, tue 27 Juifs et en blesse gravement une centaine. 6 500 Juifs sont arrêtés et transférées principalement à Dachau, à Sachsenhausen et à Buchenwald.
Les Juifs ont été non seulement agressés, tués, pillés, les lieux de culte ravagés mais en Allemagne, ils seront en outre accablés d’une amende collective.
Le pouvoir nazi rend les Juifs allemands responsables du pogrom et les condamne à payer une amende collective s’élevant à un milliard de marks. Le motif de cette amende astronomique, avoir causé ces dommages, je cite, « en provoquant la juste colère du peuple allemand ». Ce milliard sera prélevé sur les 7 milliards d’avoirs juifs bloqués depuis avril 1938. Et, comme si cela ne suffisait pas, les montants que les assurances auraient dû verser aux Juifs suite aux dégâts subis sont accaparées par le régime et les Juifs allemands devront payer eux-mêmes les réparations.

La grande majorité des Juifs allemands et autrichiens arrêtés au cours de la « Nuit de Cristal » et internés dans des camps a été est progressivement libérée, entre le 18 novembre1938 et le printemps 1939. La condition de leur libération était qu’ils s’engagent à émigrer sans tarder et à abandonner la majeure partie de leurs biens. Les premiers libérés ont été les personnes âgées, les grands malades et ceux qui ont pu prouver qu’ils allaient émigrer ou qui ont accepté de céder leurs entreprises à un Aryen pour un prix dérisoire.

Le pouvoir nazi a été très efficace aussi dans la gestion de l’après « Nuit de Cristal »

Le surlendemain du pogrom, le 12 novembre 1938, la réunion des principaux responsables nazis décide de multiplier les mesures antijuives: ils décident de dissoudre les organisations juives (à l’exception du Reichsvertretung, organe représentatif des Juifs d’Allemagne, du Kulturbund, organisation culturelle et de l’office palestinien de l’organisation sioniste), la presse juive est supprimée, les déplacements des Juifs dans les lieux publics sont restreints , les Juifs se voient expulser de leurs logements pour être concentrés dans des « maisons juives ».
En même temps, un vaste plan d’aryanisation de toutes les entreprises appartenant à des Juifs en Allemagne se met en place. Le 12 novembre 1938, tous les commerces de détail reçoivent l’ordre de fermer avant le 31 décembre. Puis le 23 novembre, une circulaire, signée par le secrétaire d’Etat à l’Economie, Brinkmann, ordonne la liquidation de tous les commerces juifs de détail : les entreprises sont dissoutes, leurs stocks doivent être remis au groupement professionnel de leur branche d’activité. Les artisans sont rayés des registres professionnels et n’ont plus le droit d’exercer.
Goering clôture la réunion du 12 novembre par cette phrase qui annonce le sort futur des Juifs : Il dit : « Si le Reich devait entrer en guerre, il va de soi qu’en priorité nous réglerions définitivement le sort des juifs allemands. »

Le 3 décembre 1938 un décret étend l’aryanisation aux entreprises industrielles et aux possessions immobilières. Voilà les Juifs à présent totalement dépossédés.
Des milliers de Juifs d’Allemagne, privés de tous leurs biens, ont tenté de traverser clandestinement les frontières et d’obtenir le statut de réfugiés politiques dans les pays voisins.
Le 24 janvier 1939, Goering charge Wilhelm Frick, ministre de l’Intérieur, de « réaliser par tous les moyens l’émigration des Juifs hors d’Allemagne ». Le but avoué des nazis est donc de vider l’Allemagne de ses Juifs. Ce même mois de janvier, l’Office central pour l’émigration juive est fondé à Berlin sous la direction de Reinhard Heydrich. Sur le plan intérieur, Goering prend la relève de Goebbels pour l’organisation des suites du pogrom.
La terreur vécue pendant la « Nuit de Cristal », les arrestations massives et la vague de nouvelles lois, transforment le flot migratoire en exode massif.

Et pendant ce temps d’exactions, que se passait-il dans les pays voisins ?

Ont-ils eu quelques frémissements de conscience ou de courage politique.
Il faut hélas constater qu’aux lendemains des exactions de la « Nuit de Cristal », les réactions internationales sont presque inexistantes.
Dans les pays démocratiques occidentaux, on s’indigne, on proteste avec force mais, … pendant quelques jours seulement. Aucun gouvernement ne modifie sa politique d’immigration pour accueillir les Juifs allemands en fuite. Il faut bien dire les dirigeants européens ne sont pas plus émus par la menace directe qui pèse aussi sur les 7 ou 8 millions de Juifs de Pologne, de Roumanie, de Hongrie, d’Italie, des Balkans ou des pays baltes.
En 1938, les frontières se ferment encore un peu plus. « Le monde semble être divisé en deux parties : les endroits où les Juifs ne peuvent pas vivre et ceux où ils ne peuvent pas entrer », voilà ce que déclarait, en 1936 déjà, Haïm Weizmann, le chef de file du mouvement sioniste.
On se rend bien compte que les nazis n’ont rien improvisé en réaction à une « colère du peuple ». Ils ont plutôt mis deux tests à l’épreuve. Sur un plan intérieur d’abord. Ils ont voulu savoir jusqu’où pouvait aller la passivité ou la complicité du peuple allemand. Si la plupart des Allemands désapprouvent les violences et les pillages, c’est surtout parce qu’ils craignent que des débordements puissent affecter les non-juifs.
Ensuite, sur un plan extérieur, il était crucial pour les nazis de voir comment réagirait le reste du monde.
Et il n’y a aucun doute que la passivité du reste du monde n’a pu que les satisfaire sans doute même au-delà de leurs espérances. Il faut garder à l’esprit que les nazis ont toujours tenu compte de la réactivité des populations dans leur mise en place de la Solution finale.

Voyons comment la France s’est comportée.

Si la presse critique vivement la « Nuit de Cristal », le gouvernement Daladier reste muet. Pas question de compromettre les négociations secrètes menées depuis le 10 avril 1938, par Georges Bonnet, le ministre des Affaires étrangères, qui tente un rapprochement en cours avec l’Allemagne nazie
De 1933 à 1937, la France a accueilli plusieurs dizaines de milliers de réfugiés provenant essentiellement d’Allemagne et d’Autriche. Mais en 1937, changement de cap, le gouvernement du Front populaire crée un sous-secrétariat d’état à l’immigration et en 1938, le droit d’asile est restreint. Lors de la conférence internationale d’Évian de juillet 1938, réunie pour tenter de trouver des lieux d’asile notamment pour les réfugiés juifs, et qui a abouti à un échec, le gouvernement français a exprimé sa volonté de ne plus accueillir de réfugiés.
Par ailleurs, quelques semaines plus tard, lors des accords de Munich du 30 septembre, la France a cédé aux exigences allemandes. Espérant « sauver » la paix, une partie de la Tchécoslovaquie, les Sudètes, sont annexées au Reich nazi.
Donc en 1938, le Ministre français des Affaires étrangères, Bonnet, pour préserver ses négociations secrètes, choisit d’ignorer le rapport de l’ambassadeur de France à Berlin, qui lui écrit : « Le traitement infligé en Allemagne aux Juifs que les nazis tentent d’extirper complètement, comme des bêtes malveillantes, éclaire la grande distance qui sépare la conception hitlérienne du monde du patrimoine spirituel des nations démocratiques ». Signalons que Bonnet sera ensuite pétainiste, membre du Conseil national de Vichy.
La France ne se contente pas d’être silencieuse. Le 12 novembre 1938, soit deux jours après la « Nuit de Cristal », une loi autorise l’internement des « indésirables » dans des camps de concentration en France. Les réfugiés juifs allemands et autrichiens qui sont parvenus à entrer illégalement en France sont désormais directement menacés et seront internés puis plus tard livrés aux nazis.

Passons maintenant en Italie où le Duce, Mussolini, a pris les devants

Quelques semaines avant la « Nuit de Cristal », le 18 septembre 1938, Mussolini proclame des « lois raciales » dirigées notamment contre les personnes de religion juive. Il fait cette proclamation depuis le balcon de l’hôtel de ville de Trieste, Trieste la ville où vivait l’une des plus importantes communautés juives d’Italie

Et que fait le Royaume -Uni, qui rappelons-le, a la Palestine sous mandant ?

En mai 1939, le Royaume-Uni décide de limiter strictement l’immigration en Palestine en annonçant la mise en place d’un « Livre blanc » réduisant l’accueil des réfugiés à 75 000 Juifs pour 5 ans.
Pour préserver leurs intérêts dans la région, les Anglais préférèrent maintenir le statu quo. Les forces navales britanniques n’hésitent pas à intercepter et à renvoyer à leurs ports de départ, généralement Constanza en Roumanie, les bateaux chargés de Juifs pour lesquels la Palestine est le dernier espoir : ce sera le cas le 25 mars 1939 pour le Sandru avec 269 réfugiés, le 6 avril 1939 pour l’Astir avec 698 réfugiés à son bord et encore, le 23 avril 1939 pour l’Assimi et ses 250 réfugiés.


En 1939, le 30 janvier 1939, Hitler prononce un discours au Reichtstag dans lequel il martèle : «  Aujourd’hui, je serai encore un prophète : si la finance juive internationale en Europe et hors d’Europe devait parvenir encore une fois à précipiter les peuples dans une guerre mondiale, alors le résultat ne serait pas la bolchevisation du monde, donc la victoire de la juiverie, au contraire, ce serait l’anéantissement de la race juive en Europe ».
Les bûchers et les flammes qui ont consumé les biens et le savoir des Juifs d’Allemagne et d’Autriche, le bruit des destructions, n’ont pas été assez puissants à l’époque pour alerter les consciences politiques et civiques en Europe. Comme on le sait, le déshonneur et la guerre ont suivi.

Et aujourd’hui ?

83 ans plus tard, l’idéologie nazie pollue encore les neurones de certains et jusqu’au plus haut niveau de pouvoir politique ou institutionnel. Restons vigilants et gardons le sens de l’histoire.

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